dimanche 2 octobre 2016

Le Luxembourg demande l’exclusion de la Hongrie de l’UE

Le Luxembourg demande l'exclusion de la Hongrie de l'UE

Tout va bien dans l’UE…

Source : RFI, 13-09-2016

La Hongrie de Viktor Orban, qui tient un virulent discours anti-migrants, doit quitter l'UE estime le Luxembourg. REUTERS/Francois Lenoir

La Hongrie de Viktor Orban, qui tient un virulent discours anti-migrants, doit quitter l’UE estime le Luxembourg.
REUTERS/Francois Lenoir

La crise des réfugiés continue de montrer les profondes divisions internes au sein de l’Union européenne, particulièrement entre les pays d’Europe centrale et orientale et les autres. Le dernier en date à s’ériger lui-même en héraut des valeurs fondamentales de l’UE est Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, qui demande dans une interview au quotidien allemand Die Welt l’exclusion de la Hongrie de l’UE. Le gouvernement hongrois a vivement réagi.

De notre bureau de Bruxelles,

La Hongrie devrait être exclue de l’Union européenne de manière temporaire, voire définitive, voici ce que déclare Jean Asselborn. Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois estime que la Hongrie traite les migrants presque aussi mal que des animaux. Pour lui, la barrière à la frontière hungaro-serbe est de plus en plus haute et de plus en plus longue et le gouvernement magyar n’est plus très loin d’ordonner de tirer sur les réfugiés.

Jean Asselborn juge inacceptable ce qu’il voit comme une violation des valeurs fondamentales de l’Union européenne et il y ajoute la liberté de la presse et l’indépendance de la justice hongroise qui sont déjà au centre de bisbilles entre le gouvernement de Viktor Orban et plusieurs pays européens.

L’homologue allemand de Jean Asselborn, Frank-Walter Steinmeier, comprend que des pays « s’impatientent » face à la Hongrie, mais ne veut montrer la porte à personne.

De son côté, la Commission européenne se refuse à toute réaction, mais on peut rappeler que les tensions ne manquent pas avec les Magyars. Il y a déjà eu des heurts au sujet de la construction du mur ou bien au moment du refus par la Hongrie et d’autres pays d’Europe centrale du projet de répartition des réfugiés par quotas. Le président de la Commission avait aussi l’an dernier promis de livrer bataille contre Viktor Orban s’il maintenait son idée de rétablir la peine de mort. Bref, l’ambiance risque fort d’être délétère au sommet de Presbourg.

■ Vive réaction du gouvernement hongrois

Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

« Jean Asselborn est un intellectuel médiocre, un politicien arrogant et donneur de leçons. » C’est sur ce ton incendiaire que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjarto, a répliqué à son homologue luxembourgeois. « Asselborn est un nihiliste qui travaille sans relâche à détruire la culture et la sécurité européenne », a asséné le chef de la diplomatie magyare.

A Budapest l’opposition a également réagi. Si les socialistes applaudissent Jean Asselborn, le parti centriste LMP (La Politique autrement) critique son intervention. La Hongrie est à deux semaines d’un référendum organisé par le gouvernement. Le Premier ministre Viktor Orban appelle les électeurs à voter contre le plan européen de redistribution des réfugiés dans les Etats membres. Attaquer Viktor Orban, c’est courir le risque de galvaniser son camp, avertit le parti centriste. Cela pourrait accroître la popularité du Premier ministre et renforcer sa position.

Source : RFI, 13-09-2016

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En Hongrie, le référendum calculé de Viktor Orban

Source : Le Monde, Aymeric Jamier, 30-09-2016

Près de huit millions d'électeurs sont appelés à se prononcer ce dimanche sur la politique de répartition des réfugiés au sein de l'UE, farouchement combattue par le gouvernement conservateur de Budapest.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors de son discours sur l'état de la nation, à Budapest, le 28 février. LASZLO BALOGH / REUTERS

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors de son discours sur l'état de la nation, à Budapest, le 28 février. LASZLO BALOGH / REUTERS

  • C'est une consultation dont les résultats seront scrutés à la loupe par les observateurs européens. Dimanche, près de huit millions d'électeurs hongrois seront appelés aux urnes dans le cadre d'un référendum très attendu sur la politique de répartition des réfugiés au sein de l'Union européenne.Farouchement hostile à toute forme de quota imposé par Bruxelles, le gouvernement conservateur de Viktor Orban a décidé de sonder la population, laquelle, semble-t-il, partage en majorité les vues du pouvoir en place à Budapest.D'après une enquête effectuée en juillet par le Pew Research Center, 76 % des personnes interrogées pensent que les réfugiés accroissent la probabilité d'actes terroristes. De surcroît, 82 % estiment qu'ils représentent une charge pour le pays en prenant les emplois et en bénéficiant des avantages sociaux.
  • Farouchement hostile à toute forme de quota imposé par Bruxelles, le gouvernement conservateur de Viktor Orban a décidé de sonder la population, laquelle, semble-t-il, partage en majorité les vues du pouvoir en place à Budapest.
  • D'après une enquête effectuée en juillet par le Pew Research Center, 76 % des personnes interrogées pensent que les réfugiés accroissent la probabilité d'actes terroristes. De surcroît, 82 % estiment qu'ils représentent une charge pour le pays en prenant les emplois et en bénéficiant des avantages sociaux.
  • Affiches dans les rues, publicités à la télévision, discours aux accents comminatoires… Ces dernières semaines, le premier ministre hongrois, coutumier des diatribes antimigrants (ce qui lui a valu les foudres d'Amnesty International) n'a rien laissé au hasard pour s'assurer le soutien de ses compatriotes dans l'isoloir.

Lire la suite sur : Le Monde

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